Une destination définitive a été trouvée pour la Porte de Hal : le projet « Septentrion ». L'histoire quasi oubliée de cette porte de la cité est ainsi remise en lumière. Avant l'installation proprement dite de cette exposition permanente, la Régie des Bâtiments y a entrepris de mars 2007 à mai 2008 des travaux de restauration et d'adaptation. La Porte de Hal fait partie des Musées Royaux d’Art et d’Histoire.
La porte de Hal date du 14e siècle et faisait partie de la deuxième enceinte de Bruxelles. C’est la seule des sept portes de la ville qui subsiste encore. A travers les siècles et jusqu’à son rachat par l’Etat en 1842, elle fut menacée de destruction à de nombreuses reprises et connut diverses utilisations (fonction militaire, contrôle des importations et des exportations, temple luthérien, grenier à grains et même prison !) En 1847, la Porte de Hal est transformée en Musée royal d’Armures, d’Antiquités et d’Ethnologie.
En 1860, Hendrik Beyaert est officiellement chargé d’y réaliser des travaux d’aménagement. Puisant son inspiration auprès de l’architecte français Eugène Viollet-le-Duc, il donne à la Porte de Hal une interprétation néogothique. La surface utile du bâtiment fut agrandie et adaptée aux besoins de sa fonction muséale d'alors. L'édifice fut totalement repensé selon la vision romantique que l'on se faisait d'un bâtiment moyenâgeux, avec tourelles, mâchicoulis, créneaux, meurtrières, fioritures et motifs décoratifs de toute sorte. Les travaux terminés, la Porte de Hal était d'un tiers plus grande. Au fil du temps, elle s'est transformée en petit palais néogothique aux allures de conte de fées.
Entre 1854 et 1867, les collections du musée s'accroissent tellement qu'un cruel manque de place se fait sentir. Et en 1889, les différentes collections sont scindées et transférées en majeure partie dans l'actuel Musée de l'Armée au Cinquantenaire. La Porte de Hal reste le musée d'Armes et d'Armures, malgré son intégration aux MRAH.
En 1976, la Porte de Hal doit fermer ses portes car la sécurité du bâtiment n'est plus assurée. Les risques sont trop importants, tant pour les objets exposés que pour les visiteurs. Des travaux de rénovation s'imposent de toute urgence. Fin des années 80, la première restauration a lieu, en préparation d'Europalia Portugal (1991). Cette restauration doit résoudre un certain nombre de problèmes pratiques comme l'amélioration de la stabilité et la modernisation des sanitaires, de l'électricité et du chauffage. Pour rendre le bâtiment accessible aux personnes handicapées, un ascenseur est installé dans l'une des anciennes cages d'escalier médiévales. Depuis ces travaux, Le passage central condamné depuis le 19e siècle, est rouvert du côté de Saint-Gilles. Mais le temps manque pour achever la restauration avant l'ouverture d'Europalia.
La Porte de Hal est classée par la Commission royale des Monuments et Sites (CRMS) en 1990. En 1991, la Porte de Hal est réouverte pour Europalia Portugal.
A l'époque de Bruxelles 2000, Capitale culturelle de l’Europe, une première tentative est entreprise pour achever les travaux de restauration. Faute de budget, le projet " Porte de Hal " est toutefois abandonné. Néanmoins, c'est le point de départ de la constitution d'un dossier. Le bâtiment est alors utilisé pour des expositions temporaires, mais sans cependant lui donner d'affectation définitive.
LE PROJET « SEPTENTRION »
Septentrion est un projet européen qui vise à créer un réseau entre dix-neuf villes fortifées implantées dans le sud des Pays-Bas, en Belgique et dans le nord de la France. Le but est de sensibiliser les habitants de villes jadis dotées d’une enceinte à la valeur de ce patrimoine.
Seul vestige subsistant de la deuxième enceinte de Bruxelles, celle-ci était en effet le site le plus approprié pour installer cette exposition permanente. Des expositions temporaires seront également organisées. L’exposition permanente Septentrion est accessible pour le public depuis le 5 juin 2008.
LES TRAVAUX DE RESTAURATION
La dernière phase de la restauration, réalisée par la Régie des Bâtiments, a débuté en mars 2007.
Elle a mis l’accent sur le fait que la Porte de Hal est intrinsèquement une porte de ville et donc un vestige archéologique du Moyen Age, sans pour autant perdre de vue l’interprétation néogothique que lui a donnée l’architecte Hendrik Beyaert au XIXe siècle. Par ailleurs, le projet a aussi été actualisé, par le biais de la restauration, dans une optique contemporaine.
Les travaux intérieurs ont été divisés en trois groupes :
les travaux d’aménagement, comme la pose d’un carrelage au sous-sol, le renouvellement du carrelage aux 1er et 2e étages et le parachèvement en surface des sanitaires ;
les travaux d’infrastructure technique. Ceux-ci englobaient tous les travaux d’électricité et d’éclairage ;
l’installation de mobilier fixe d’exposition : des structures en métal et en verre ont été installées et des niches ont été fermées par des parois de verre pour en faire des vitrines.
Les travaux extérieurs comprenaient la restauration de la ferronnerie du toit et le ravalement de la façade.
Les travaux de restauration de l’entrée située du côté de Saint-Gilles, ont été réalisés. Ils étaient indispensables pour améliorer la lisibilité du bâtiment et pour comprendre son histoire. En effet, la remise en service de la grande porte du côté de la commune de Saint-Gilles, tombée en désuétude depuis le XIXe, permet de rétablir le passage public qui existait au XIVe à travers le bâtiment.
Ainsi, l'ancienne structure de la Porte de Hal en tant que porte de la ville apparaît de façon plus claire aux visiteurs. Cette entrée côté Saint-Gilles est beaucoup plus prestigieuse et accroche davantage le regard des passants. Elle est munie d’une porte en verre feuilleté qui sera protégée la nuit par un voile en cotte de mailles. L'accès au musée est situé dans le passage central central.
La Régie des Bâtiments a effectué ces travaux en concertation avec la Commission royale des Monuments et des Sites de la Région de Bruxelles-Capitale.
FINANCEMENT
Cette restauration a été réalisée grâce au soutien de la Loterie Nationale.