A Huy, des travaux de réhabilitation de l’immeuble « de Terwagne » ont commencé au printemps 2006. La rénovation des lieux achevée fin 2007, la Maison de Justice s’y est installée.
L’immeuble « de Terwagne » répond parfaitement aux besoins d’une Maison de Justice à savoir la consultance d’avocats, le Pro Deo, le suivi d’ex-détenus, l’aide à la réinsertion. Les travaux ont été effectués dans le respect du patrimoine ancien et en parfaite collaboration avec les Services du patrimoine DGTLP-Liège.
Afin de préserver le splendide intérieur d’origine - escalier d’honneur, salons stuqués, colonnes moulurées, planchers précieux, cheminée en marbre - il importait de maintenir une couverture efficace pendant toute la durée des travaux. Habituellement, une toiture provisoire est d’abord réalisée et ensuite enlevée. Ici, il a été décidé de réaliser directement le toit définitif qui a été placé sur des vérins à un mètre par-dessus l’ancienne toiture. Lorsque l’ancienne toiture a été enlevée, que les sommets des murs ont été ragréés et que la poutre en béton armé devant servir d’assise pour la nouvelle toiture a été réalisée, l’entièreté de la nouvelle toiture (d’un poids de 20 tonnes) a pu être redescendue grâce aux vérins et posée à sa place définitive : le niveau qu’avait l’ancienne toiture.
D’autres travaux complètent cet élément déterminant : les corniches moulurées en bois de chêne ont été refaites suivant leur dessin d’origine de même que les lucarnes.
Les façades ont été nettoyées des vieilles peintures surajoutées. Elles ont ensuite été enduites d’un nouveau badigeon à la chaux de couleur beige clair, couleur à la mode à l’époque napoléonienne, date de la construction de cette bâtisse.
Afin de pouvoir implanter des bureaux au niveau des combles, on a remplacé le trumeau de brique situé juste sous la corniche par un bandeau de fenêtre ce qui permet d’introduire la lumière naturelle à cet endroit sans dénaturer la physionomie architecturale de cet édifice.
Toutes les menuiseries des fenêtres et des portes extérieures ont été refaites « à l’identique » et ont été adaptées afin de pouvoir être munies d’un vitrage de sécurité. Les profils des moulures de ces nouveaux châssis ont été restitués sur le modèle des anciens.
Les ferronneries des balcons ont été rénovées et repeintes ; les éléments manquant tels que les garde-corps des perrons ont été refaits dans un dessin actuel, mais en harmonie avec ce qui est conservé.
A l’intérieur, le grand hall d’entrée et son décor en stuc a été repeint dans les tons caractéristiques du style Empire : des gris, jaunes et verts. L’escalier d’honneur ancien a été conservé et consolidé. Les arcades du hall placées quelques années après la construction pour soutenir l’escalier, qui déjà à cette époque présentait des faiblesses de stabilité, ont été maintenues. Les salons ont retrouvé leur lustre d’antan : les parquets en chêne, les cheminées, les stucs des plafonds ainsi que les portes d’origine ont été conservés et rénovés. Les tons en camaïeu ont mis en valeur la qualité des stucs et des moulures des boiseries des portes.
La structure portante des planchers des 1er et 2e étages est renforcée. Cette modification de la structure portante a été une prouesse technique : elle a été réalisée en intervenant par le plancher des étages tout en conservant les anciens plafonds stuqués des salons sous-jacents. Les planchers anciens qui avaient été déposés, ont ensuite été replacés sur cette nouvelle structure.
Cette réhabilitation s’est fait par une conservation et une restauration dans l’esprit d’origine ; les parties nouvelles quant à elles, ont été traitées de façon résolument contemporaine. C’est le cas de l’aile abritant autrefois les communs (la cuisine et logement des domestiques) où l’on a placé un nouvel escalier fonctionnel, l’ascenseur, les sanitaires et les locaux techniques. C’est aussi le cas du deuxième étage, autrefois les combles, où le nouveau bandeau lumineux apporte non seulement la lumière naturelle dans les bureaux, mais offre pour ses occupants une vision intéressante sur l’environnement extérieur : la vue sur la Meuse ou sur le parc agrémenté d’un platane centenaire.