Le 20 décembre 1996, le Conseil des Ministres a décidé de construire une nouvelle prison au Limbourg.
Le choix s'est porté sur le terrain situé en bordure de la Herkenrodesingel du fait de sa situation, son accessibilité, sa superficie, sa forme, la disposition de la surface et du sous-sol, sa synergie avec le milieu environnant et les conditions urbanistiques marginales.
Les travaux ont débuté en avril 2002 et se sont terminés en octobre 2004.
Des platanes ont été plantés en février 2010 dans la cour intérieur pour éviter les évasions en hélicoptère.
Le terrain à bâtir offre une superficie de 9,11 ha et est délimité par le Démer, le chemin de fer et la Gebrande straat - Slachthuiskaai (Canal). Le complexe sera accessible depuis la Herkenrodesingel.
LE CONCEPT
L'axe de circulation principal du complexe est un couloir central. Dans ce couloir, des fenêtres très étroites ont été placées. Elles rendent inutile le traditionnel grillage. Ces fenêtres créent en outre sur le sol un jeu de lumière particulier.
Sur cet axe majeur viennent se greffer trois volumes transversaux dotés chacun d'une fonction spécifique : le bâtiment des visiteurs, l'aile technique et le complexe cellulaire.
Le complexe cellulaire comprend 3 ailes à noyau central et est capable d'abriter 420 prisonniers. Dans une aile séparée, destinée aux femmes, 30 cellules sont prévues, ce qui porte la capacité totale à 450.
Dans le complexe il y a aussi un pavillon d'entrée, un accueil pour les détenus, un centre de contrôle, un complexe pour les visiteurs, des locaux pour l'administration et la direction, une section médicale et une section éducative, des ateliers d'entretien, un grand atelier, des magasins, la cuisine et la buanderie, une petite salle de sport et un local de fitness et des cours extérieures sur les 5 préaux.
LES EQUIPEMENTS TECHNIQUES
L'ensemble du complexe est placé sous surveillance permanente. Tout mouvement est suivi par caméra. Un centre de contrôle distinct est prévu pour les ailes avec cellules.
La nouvelle prison est dotée d'un système d'égouts séparé, qui récupère une partie de l'eau de pluie pour le rinçage des sanitaires et le réseau de sprinklers. L'eau de pluie est déversée dans le Démer via un bassin de décantation.
L'AMENAGEMENT ET LA CONFIGURATION DES CELLULES
L'aménagement des cellules a été modifié en profondeur. Sans augmenter la superficie (10 m²), l'impression d'espace a été nettement amélioré. Ainsi, les sanitaires ont été intégrés à la cellule : le lavabo est tout à côté de la porte et la toilette est encastrée derrière une porte d’armoire murale placée en biais.
Le mobilier non fixé de la cellule (lit, chaise, …), l'aménagement de l'espace de culte et la boutique des détenus, de même que les tables et les armoires des bureaux et des salles de visite ont été exécutés selon le design conçu par les architectes. De cette manière, la ligne architecturale adoptée dans le bâtiment se perpétue dans son aménagement.
Un banc a également été dessiné et meuble la salle d'attente des visiteurs. Ce banc est l'exemple par excellence de l'aménagement unique de cette prison. Le bleu, le jaune et le vert du concept de couleurs se retrouvent dans son design.
LES ESPACES VERTS
A l'intérieur des murs, des efforts ont été déployés afin de prévoir un maximum d'espaces verts : chaque préau comprend une pelouse et les zones intermédiaires entre les bâtiments et l'enceinte extérieure ont été entièrement engazonnées. Du côté de la rue (Canal), il y a un espace vert planté d'arbres et arbustes de nos régions et une pelouse a été aménagée en bordure du Démer. Plus de la moitié du terrain présente un aspect verdoyant.
Des platanes ont été plantés en février 2010 dans la cour intérieur pour éviter les évasions en hélicoptère.
LE CONCEPT DE COULEURS
A partir du sol de teinte anthracite, une palette de couleurs, composée de beige-vert olive, vert olive, bleu-vert et bleu acier, a été créée. Les sols coulés en polyuréthane des couloirs des ailes cellulaires ont reçu par étage un pailletage (taches de peinture) dans l'une de ces teintes.
INTEGRATION D’ART
L’intégration d’art, comme le principe des fenêtres étroites à la place du traditionnel grillage, le nouvel aménagement des cellules ou les espaces vert, confère un cachet particulier et améliore la vie en prison.
Pour cette raison Jeanet Hönig et cinq étudiants de la Media & Design Academie Genk ont été sollicités.