Les bâtiments rénovés accueillent deux organismes aux vocations complémentaires : le Service des Victimes de la Guerre, qui gère les archives de guerre et le Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGES), centrée sur l’étude de la Seconde Guerre mondiale. BREF HISTORIQUE
RESTAURATION EXTERIEURE
RESTAURATION INTERIEURE
FICHE TECHNIQUE
BIBLIOGRAPHIE
BREF HISTORIQUE
En 1911, la Prévoyance Sociale, société d’assurance populaire sur la vie, charge l’architecte Pringiers d’entreprendre la réalisation d’un vaste immeuble de 6 niveaux (au coin du Square de l’Aviation, de la rue de l’Autonomie et de la rue Lambert Crickx) comprenant services administratifs, magasins et appartements.
En 1930, l’architecte Fernand Brunfaut, assisté de son fils Maxime, entament la construction de deux grands immeubles de rapports à l’arrière du premier bâtiment, le long des rue de l’Autonomie et de la rue Crickx. Les travaux englobent également la modernisation et l’exhaussement de l’ancien édifice, square de l’Aviation, ainsi que la réalisation d’une tour, à l’intérieur de l’îlot, destinée à servir de dépôt.
Loué puis acheté par l’Etat après le déménagement de la Prévoyance Sociale en 1957, l’édifice abrite alors le Service des Victimes de la Guerre. Les façades et une partie du bâtiments d’angle (square de l’Aviation et rue Crickx) ainsi que les façades des deux autres immeubles (rue de l’Autonomie et rue Crickx) ont été classées par arrêté du 9 septembre 1993.
En 1998, la Régie des Bâtiments a entrepris dans un premier temps la rénovation de la tour centrale. Une seconde phase de travaux comprenant la restauration et la rénovation du bâtiment partiellement classé du square de l’Aviation a pris fin en juillet 2004.
RESTAURATION EXTERIEURE
N’ayant pas connu de transformations radicales depuis 1932, le bâtiment présentait un état de dégradation important et de nombreuses modifications ( châssis, cloisonnements, revêtements de sol, peintures, éclairages,…) qui altéraient fortement sa signification historique et sa qualité formelle. Grâce à une documentation abondante sur l’édifice, il a cependant été possible d’envisager une restauration ou une reconstitution scrupuleuse de nombreux éléments. Dans tous les domaines, les choix furent guidés par le souci de retrouver le caractère unitaire de la zone classée, l’articulation et la hiérarchie des espaces et des motifs et l’équilibre global des tons, des brillances et de l’éclairage.
L’une des difficulté majeure résidait dans la grande diversité de matériaux que l’on trouvait dans des états de conservations très différents. Pour les matériaux anciens, les interventions ont privilégié des méthodes « douces » et limitées. Cette approche aussi respectueuse que possible de la substance originelle a été complétée par la reconstitution soigneusement documentée des éléments disparus (luminaires, porte latérale, motif terminal du dôme,…).
La dégradation des façades touchait principalement les parties inférieures de l’édifice. Ainsi, une partie des plaques en marbre Bleu belge de Bioul avaient disparu. Ce marbre n’étant plus exploité, il a été remplacé par un Marquina espagnol. Afin d’éviter un effet mosaïque, les lacunes de la partie avant ont été comblée par des plaques de marbre originelles provenant des façades latérales, où on a placé uniquement du marbre Marquina.
La porte d’entrée située à l’extrémité de la rue Crickx a été reconstituée selon le plan originel de Brunfaut.
Tous les châssis extérieurs ont été repeints dans les couleurs d’origine. Le dôme a retrouvé son élément terminal en bois.
Les sgraffites des façades ont été restaurés en envisageant l’histoire spécifique de chaque panneau, son état de conservation et la cohérence globale de la façade.
Le grand sgraffite du fronton, a retrouvé sa polychromie d’origine avec des lettres rouges entourées d’une bordure à la feuille d’or.
RESTAURATION INTERIEURE
La structure portante, rendue hétérogène par les travaux de 1931, a demandé certaines interventions (blocage des poutres et colonnes dans des cubes de béton armé, suppression de colonnes au quatrième étage, renouvellement des fondations…).
Le dégagement des cloisonnements récents et le remplacement des nouveaux châssis en bois par des modèles métalliques ont rendu au grand hall du rez-de-chaussée sa luminosité et sa transparence d’antan. Les sols ont été reconstitué en linoléum à partir de fragments conservés et des plans d’origine. L’ascenseur panoramique a été remis en usage en conservant entièrement la cabine et les bois d’origine, seuls les vitrages ont laissé place à des vitres de sécurité sans tain.
Les murs, plafonds, boiseries et châssis intérieurs ont été restitués avec précision dans les diverses tonalités d’origine, de même, les corniches et plafonds du premier étage ont été recouvert à la feuille d’aluminium.
L’importance de l’éclairage dans la conception architecturale du bâtiment, ses relations avec la structure chromatique ont conduit à la réhabilitation complète de la situation d’origine, tant pour l’emplacement, la forme et les matériaux utilisés que pour l’intensité des sources lumineuses.
Enfin, les étages supérieurs non classés ont fait l’objet d’une restructuration contemporaine : chaque étage comporte une ceinture de bureaux en bordures de façade tandis que l’espace central est aéré par un hall trapézoïdal légèrement plus haut. Comme dans le grand hall du rez-de-chaussée, c’est la recherche de transparence qui a été privilégiée.
TECHNIQUE FICHE
Square de l’Aviation, 29-31
Maître de l’ouvrage:
Régie des Bâtiments, Services Extérieurs Bruxellois 2
Restauration / Rénovation bâtiment principale :
2002 – 2004
Coût:
7 millions d’euros (TVA incluse)
Restauration / Rénovation Tour :
1998 - 2000
Coût:
environ 4 millions d’euros (TVA incluse)
Auteur de projet :
bureau d’architecture COOP ARCH R.U.
Entrepreneur général – Coordinateur :
SINTRA Construct S.A., Les Bons Villers
BIBLIOGRAPHIE
La Prévoyance Sociale, Régie des Bâtiments, Service de Presse, Bruxelles, septembre 2004.